•      ♥ Paris ♥

    Paris

    Où fait-il bon même au cœur de l'orage
    Où fait-il clair même au cœur de la nuit
    L'air est alcool et le malheur courage
    Carreaux cassés l'espoir encore y luit
    Et les chansons montent des murs détruits

    Jamais éteint renaissant dans sa braise
    Perpétuel brûlot de la patrie
    Du Point-du-Jour jusqu'au Père Lachaise
    Ce doux rosier au mois d'août refleuri
    Gens de partout c'est le sang de Paris

    Rien n'a l'éclat de Paris dans la poudre
    Rien n'est si pur que son front d'insurgé
    Rien n'est si fort ni le feu ni la foudre
    Que mon Paris défiant les dangers
    Rien n'est si beau que ce Paris que j'ai

    Rien ne m'a fait jamais battre le cœur
    Rien ne m'a fait ainsi rire et pleurer
    Comme ce cri de mon peuple vainqueur
    Rien n'est si grand qu'un linceul déchiré
    http://www.parisetmoi.net/images/fle_h.gif 
    Paris, Paris soi-même libéré

    Louis Aragon


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  •  ♥ Galipette le petit chat ♥

    ♥ Galipette le petit chat ♥  

    Le petit Chat

    C'est un petit chat noir effronté comme un page,
    Je le laisse jouer sur ma table souvent.
    Quelquefois il s'assied sans faire de tapage,
    On dirait un joli presse-papier vivant.

    Rien en lui, pas un poil de son velours ne bouge ;
    Longtemps, il reste là, noir sur un feuillet blanc,
    A ces minets tirant leur langue de drap rouge,
    Qu'on fait pour essuyer les plumes, ressemblant.

    Quand il s'amuse, il est extrêmement comique,
    Pataud et gracieux, tel un ourson drôlet.
    Souvent je m'accroupis pour suivre sa mimique
    Quand on met devant lui la soucoupe de lait.

    Tout d'abord de son nez délicat il le flaire,
    La frôle, puis, à coups de langue très petits,
    Il le happe ; et dès lors il est à son affaire
    Et l’on entend, pendant qu'il boit, un clapotis.

    Il boit, bougeant la queue et sans faire une pause,
    Et ne relève enfin son joli museau plat
    Que lorsqu'il a passé sa langue rêche et rose
    Partout, bien proprement débarbouillé le plat.

    Alors il se pourlèche un moment les moustaches,
    Avec l'air étonné d'avoir déjà fini.
    Et comme il s'aperçoit qu'il s'est fait quelques taches,
    Il se lisse à nouveau, lustre son poil terni.

    Ses yeux jaunes et bleus sont comme deux agates ;
    Il les ferme à demi, parfois, en reniflant,
    Se renverse, ayant pris son museau dans ses pattes,
    Avec des airs de tigre étendu sur le flanc. 
     

    Edmond Rostand 


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  •  ♥ Promenade à la campagne ♥

    ♥ Promenade à la campagne ♥

    Paysage

    Pas une feuille qui bouge,

    Pas un seul oiseau chantant,

    Au bord de l’horizon rouge

    Un éclair intermittent ; 

    D’un côté rares broussailles.

    Sillons à demi noyés,

    Pans grisâtre de murailles,

    Saules noueux et ployés ;

     

    De l’autre, un champ que termine

    Un large fossé plein d’eau,

    Une vieille qui chemine

    Avec un pesant fardeau ; 

     

    Et puis la route qui plonge

    Dans le flanc des coteaux bleus,

    Et comme un ruban s’allonge

    En  minces plis onduleux. 

    Théophile Gautier

     


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  •  ♥ Nous deux ♥

      ♥ Nous deux ♥  ♥ Nous deux ♥

    « L’homme n’est pas fait pour vivre seul, le bonheur n’a de prix

    qu’à la condition d’être partagé. »

    Jules Sandeau

     

    « Quand deux cœurs en s’aimant on doucement vieilli, Oh !

    Quel bonheur profond, intime, recueilli ! »

    Victor Hugo  


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  • ♥ Promenade à Paris ♥

     

    ♥ Promenade à Paris ♥♥ Promenade à Paris ♥

    « Paris est tout petit pour ceux qui s’aiment d’un aussi grand amour. »

    Jacques Prévert 

    « Marcher dans Paris c’est franchir plusieurs frontières, un pont,

    Un boulevard, et tout change, le paysage et les habitants. »

    Véronique Olmi 


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  •  ♥ Timidité ♥

    ♥ Timidité ♥ 

    La timidité 

    Rencontrer le monde extérieur,
    Rien ne me fait plus peur…
    Timide, je le suis depuis longtemps…
    Et cela ne se guérit pas facilement…
    Je me cache derrière un sourire,
    Et les mots ne veulent pas sortir…
    Je me renferme, je suis absente même,
    Et les gens croient que je suis centrée sur moi-même…
    Mon image n’est pas la réalité…
    Et je suis parfois même mise de côté
    De part ma soit-disant froideur…
    Mais personne ne voit que j’ai un coeur…
    Je suis emplie de timidité
    Et je n’arrive point à parler…
    Je ne peux plus supporter cela,
    L’image que l’on se fait de moi…
    La façon dont on me perçoit…
    La vision d’une femme que je ne suis pas.

    Valérie S. (Art et Poèmes) novembre 2002


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